Un Parcours

vécu une période difficile ; Catherine étant absente, je lui ai donné le tour des travaux ; j’aime bien cet homme, malgré ce qui se cristallise autour de lui, et ce doit être son amour pour Toi qui me le rend proche ; mais ses idées créatives sont trop souvent plus spectaculaires que justes et ancrées… Il semble incapable de rester simple et au service de l’évidence, il lui faut toujours ajouter, montrer, mettre en scène… J’insiste pour qu’il vienne régulièrement voir le travail et il s’y engage ; nous sommes en novembre et Piero sera bientôt de retour : trouverons-nous comment travailler ensemble ? Catherine, Roger et moi passons souvent des heures ensemble à étudier toutes sortes de détails dans et autour de la sphère et, en même temps ces jours-ci, une silhouette se dessine de l’organisation des énergies pour la complétion du Matrimandir : un groupe de planification (études, plans et descriptions), un groupe de coordination (administration, financement, distribution des ressources et des tâches) et les équipes dédiées à l’exécution. Où qu’il porte son attention, Roger tend à ajouter, à « créer » et cela se traduit par une multitude de détails à résoudre, augmente la dépendance à des artifices divers et – évidemment – les coûts et les complications. Mais comment le lui faire comprendre ? Si seulement lui et Piero pouvaient tous les deux accepter de trouver ensemble le chemin du Matrimandir, si seulement leur complémentarité pouvait être fonctionnelle, comme tout serait plus léger et plus clair ! Aucun de nous ne peut remédier aux manques de perspective qui affligent chacun d’eux séparément : c’est enrageant de devoir assister impuissant à ce gâchis, à cette scission contraire à l’évidence même du Matrimandir… ! Ramalingam a accepté d’être sur le chantier toute la journée, ce qui me laisse le temps d’initier d’autres projets nécessaires, ce qu’il comprend à présent. Sur lui, je peux compter – après toutes ces années !

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