Mon expérience de Satprem

Cette décision provoqua de très vives inquiétudes, et dans l’Ashram et parmi les membres de la Sri Aurobindo Society, et s’ensuivit un ressentiment très virulent envers Satprem.

Engagements et différences

P ar ailleurs il était devenu nécessaire pour la plupart d’entre nous de prendre position pour l’indépendance d’Auroville et la liberté de trouver notre propre orientation et notre propre chemin. Car cette organisation, la SAS, créée par Mère afin d’une part de disséminer les œuvres de Sri Aurobindo et, d’autre part, de servir de responsable légal pour l’achat et l’utilisation des terres dédiées à l’expérience d’Auroville, cette organisation dont Elle avait été la présidente et gar ante, reposait désormais entre les mains de personnes qui n’avaient ni la vision ni la grandeur requises pour traiter avec toutes les questions qui se posaient déjà, et tentaient plutôt d’exercer un contrôle moral et économique, cherchant à obtenir une certaine soumission de la part des Aurovilliens. Mais face à cette nécessité d’autonomie et d’intégrité – d’après la Charte, nul individu, nulle organisation ne pouvait se poser en propriétaire -, nous fûmes bientôt confrontés à des réponses et habitudes culturelles divergentes. Et les Français prirent alors un rôle plus central, tout simplement en étant les plus bruyants : leur arrogance, mais aussi leur humour et leur sens de solidarité, d’aventure et de liberté, d’engagement sans calcul – mais aussi leur vitalité de jugement et de discrimination tribale. Comme les régiments de soutien à Satprem étaient composés pour la majorité de Français également, les deux causes se sont rejointes, au détriment d’une association plus large et d’une collaboration plus durable entre les divers habitants d’Auroville.

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