Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Moi : arrivée Madras le 9 février… René, deux semaines plus tard. Retour le 9 mars.

Bien reçu il y a deux jours ta lettre du 23… … J’aime toutes tes réflexions. Et cette fois, cette relation, ce mouvement que tu établis entre l’individuel et la multiplicité – le progrès individuel en étroit contact avec le progrès général… J’aime beaucoup parce que, curieusement – ou peut-être pas, justement –, cela me rassure : la sensation, le sentiment de quelque chose de stable sous mes pieds, avec, en même temps, des espaces qui s’ouvrent. Une participation et une double exploration. J’ai toujours considéré, et depuis mes débuts, ce travail que je fais comme une aventure ; et chaque fois que cela se justifie de le dire, je le dis aux patients, avec, toujours, un bénéfice pour eux. L’aventure, là, « l’aventure de la conscience », telle qu’elle s’impose et s’éclaire à travers tes réflexions, est un travail qui sollicite et tonifie, même s’il est nécessairement difficile. Par contre… une chose ne me rassure pas tout à fait : à propos de la future maison de Jean Yves, j’espère de tout mon cœur que tu trouveras ce « chemin tranquille » qui vous évitera, à tous les deux, ces lourdeurs dont je sais qu’Auroville a le don de les rendre particulièrement négatives et agressives ! … Laisse en suspens ce que je t’ai écrit précédemment à propos de la venue d’Hervé : il va falloir prendre une décision, avec lui, ces tout prochains jours… René et les médecins (et moi) sont très réticents ; deux jours après ma lettre, on apprenait que les analyses révélaient une chute très importante des T4 (les cellules immunitaires). A ce degré, en peu de temps, c’est rare parait-il ; sauf, selon l’une de ces doctoresses, en cas de reprise de drogue. Pour ma part, je n’y crois pas tout à fait ; il faut voir ; c’est en tout cas très important car, si ce n’est pas la drogue, on

975

Made with FlippingBook flipbook maker