Lettres à Divakar jusqu'à 2005

s’installe ce sont les antibiotiques qui s’imposent ; alors c’est ce que je fais. J’ajoute, - pour te couper la parole ! – que je suis digne d’éloges : une sorte de chose qu’on appelle un bonnet de laine, des bottillons fourrés, une grande écharpe, etc., c’est ainsi que j’ai arpenté nos marches le long de la mer ! Je veux ajouter pour ne pas te faire manquer ça : de là où je t’écris, sur la longue table de bois blond doré que je viens d’encaustiquer ; devant mes yeux, les fins rideaux jaunes ; des fleurs séchées ; et au-delà des fenêtres les feuillages d’automne ; tout cela vibre et se répond. Une réverbération qui va et vient, et se mêle. De telles choses qui me satisfont comme tu vois, ne se réduisent pas à quelque agréable lyrisme. Il y a une image – ou une « représentation », comme on dit dans ma … profession – qui est très forte : la structuration des limites (dedans/dehors par exemple) qui permet l’échange, l’ouverture, le mouvement et l’évolution. Les interrelations (intra/inter). A l’inverse de ce qui se passe chez bien des gens, les patients particulièrement bien sûr, pour qui tout est flou, indéterminé, sans dessin. Et cela est trompeur : leur désir de « fusion », d’échange, d’illimité, est en réalité comme un flot qui se répand, s’étale et, en définitive, se referme et se reforme dans un inconscient… Je crois que je n’arrive pas bien à m’exprimer, ou plutôt cela demanderait certains développements. Tu me diras comment tu devines, selon tes habitudes, ce que je veux dire… Sans doute, mercredi, vais-je trouver un courrier de toi. D’ici là, après ces quelques lignes bretonnes, je t’embrasse et je t’aime et suis avec, et pense à, toi…

Colette.

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