Lettres à Divakar jusqu'à 2005

« éprouvé » à d’autres, que j’ai la singulière occasion de connaître et dont j’ai souvent envie de te parler… Voilà quelques énigmes… cherche pas, je te dirai… c’est bien !

A bientôt. Je t’embrasse, eh bien, comme je t’aime,

Colette.

***

Le 7 juillet 1992

Aimé,

J’ai depuis hier ta lettre de la « night-watch » du 24… …. Dans tout ce que tu me dis, en particulier sur le mental physique, il y a ce qui me parait être l’un de ces affinements que j’apprécie… ; la qualité de certaines émotions qui, en même temps qu’elles sont, aident à dépasser leur existence…, entraînent le corps, ou bien même s’associent à son expérience émotionnelle directe… ? Est-ce bien cela ? Tout à l’heure j’ai fait quelques courses rue Saint Sulpice, puis suis revenue à pied par quelques détours jusqu’à la Closerie des Lilas, où j’ai déjeuné seule… ; et je me laissais imprégner doucement par tout cela. Je pensais aussi à mon goût et mes dispositions pour un « travail de tissage », et je n’oubliais pas ce que tu m’avais dit voici plusieurs années, qu’il fallait aussi savoir délier, que Mère l’avait bien montré (et je l’apprends également dans mon travail quotidien). Or, ce qui m’a semblé juste - à sa juste place -, pour moi (en tout cas actuellement), c’est que pour savoir, connaître, découvrir, expérimenter ce qui est à délier, détisser, - ces nœuds du mental à tous ses niveaux -, il fallait apprendre à bien tisser, d’abord, pour que le contraste, l’appel, la lumière vous saisissent de leur nécessité, de leur réalité…

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