Lettres à Divakar jusqu'à 2005
des émotions » ou « en haut », je suis dans un autre registre, cela crée comme un temps d’arrêt, et réclame une recherche (mais après tout c’est peut-être bien ?), recherche qui me fait alors oublier le centre… C’est cela, donc, mon travail : créer en moi un pouvoir de simultanéité, de mouvement ou d’union souples. Est-ce le mental physique, essentiellement, qui fait parfois écran, tout en se prêtant tout de même à un mouvement d’évolution… ? - La marche : depuis ta lettre j’ai essayé de bien repérer tous les éléments en cause, en moi, avec le plus de clarté possible. Dans ma lettre des Prévôts j’ai énuméré toutes les bonnes marches que j’ai faites, heureuse de les faire, heureuse de les avoir faites. Et je retrouve ceci : la joie qui unissait chacune d’elles au paysage, à la lumière, aux fleurs… ; or, si j’analyse bien tout ce qui est en jeu, je me demande si, en même temps, ce paysage apparemment uni au corps marchant, ne sert pas aussi à recouvrir quelque chose… Quoi ? Eh bien, je prends conscience aujourd’hui que ce paysage distrait une sorte de légère crispation, sans doute liée au dos, sans que je sache très bien si celle-ci part du dos « appréhensif » ou du mental projeté sur lui… Et je prends également conscience de ce que doit en effet être une marche – et justement à Paris où, par exemple, hier après-midi je me suis sentie fatiguée et mécontente de l’être… « L’intimité cruciale du corps et du cœur »…, tes mots résonnent et m’aident, tu le vois, à approfondir de plus en plus ma conscience… … Voilà pour ce jour. Je t’accompagne – et suis avec le gentil tracteur qui œuvre… Plein de baisers,
Colette.
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