Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mercredi 20-5-92
Aimé,
Reçu hier celle du 12 mai. Et je me dis une fois de plus que je suis… drôlement contente de t’avoir rencontré ! Une fois de plus, elle « m’aide » - une aide qui est souvent une façon de déchirer un écran, ou de me montrer le point où…, ou de te trouver exactement là où je suis, en train de chercher le pas suivant…, etc. Une chose intéressante : c’est-à-dire une combinaison de deux réalités. Au téléphone, le jour de ma Fête, tu as senti que j’étais « sous » quelque chose. Eh oui ! Première réalité : l’écho insupportable – d’ordinaire il se manifeste quasiment à l’instant même où je parle, mais cette fois c’était nettement après coup et j’étais obligée d’attendre une seconde pour continuer de te parler. Drôle d’impression que sa propre voix comme celle d’un tiers, gênante et presque caricaturale. Deuxième réalité : peut-être ma façon de répondre à une gêne, où tu retrouves « cet état » en moi ; ce que tu me dis alors renforce l’état où j’en suis actuellement et que je vais te dire. Il me semble que, assez profondément je crois, quelque chose évolue en moi. Depuis mon retour ici, marquée par tout ce mois de février et ce que j’y avais vécu et expérimenté. Et déjà, je t’avais dit, ces effets de « bonne distance » (que je prône depuis si longtemps sans l’avoir sans doute bien appliqué jusqu’ici) ; effets dans mes relations avec René, mais aussi avec d’autres, avec les multiples petites situations quotidiennes. Et, justement, ce que je sens, c’est la présence de cet axe dont tu parles. Et c’est très bénéfique. C’est curieux, et très difficile à exprimer : j’ai l’impression en ce moment que je pense très peu, mais que je laisse venir sans que cela soit nullement comparable à de la passivité.
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