Lettres à Divakar jusqu'à 2005

6-12-91

Aimé,

Tout d’abord, vu qu’il n’y a qu’un seul jour par semaine de vol direct Paris – Madras par Air India, il y a plutôt la cohue : je suis sur une liste d’attente pour partir le 24 janvier, arrivée à Madras le 25 – sinon ce sera le 7 février ; et René 15 jours plus tard… … Quelques mots à propos d’Ulrich. En principe il devrait rentrer chez lui vers la fin de la semaine prochaine ; toujours un certain nombre d’examens et de vérifications… et ce sont, souvent, ces allées et venues qui nous ont empêchés lors de mes deux dernières visites de parler comme il le souhaite – c’est-à-dire, comme il me l’a précisé, de parler de lui profondément… … Pour l’instant, je crois que c’est de cela qu’il a besoin et de mon écoute. Néanmoins j’attends … que tu répondes à ma question sur la façon dont tu vois l’orientation de ma présence et de sa meilleure utilité ; d’autre part j’ai cette double attitude qui consiste à « laisser venir en moi » le moment venu, et à réfléchir. Par exemple : le rythme de nos rencontres, le lieu, tout cela se dégagera naturellement, ira de soi – mais en même temps je vais avoir besoin de les maintenir, de prévoir leur sens. D’accepter leur liberté de mouvement, et de veiller à une sorte de tenue. Et de ne pas les multiplier, surtout pas. Ni non plus leur assigner un jour fixe. Je dois répondre à sa demande, et ménager mes capacités de réponse… René va chaque jour à l’hôpital : à la fois pour Ulrich et pour s’occuper, avec d’autres, de la réorganisation nécessitée par le « scandale » de la transfusion ; il a retrouvé son bureau, sa blouse blanche. Mais quand il travaille, il va plutôt vite et fort ; si bien que, rapidement, il trouve qu’il n’a plus rien à

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