Lettres à Divakar jusqu'à 2005

est-ce la répercussion de ce séisme que vous avez eue : tu t’en doutes, j’ai beaucoup de peine de savoir ces amis arbres disparus ; cependant je sais que tu trouveras une harmonie nouvelle pour le jardin. Hérissée aussi par ces « vagues désastreuses » contre votre équipe ; j’ignore donc leur contenu, mais cela importe peu : que ces choses existent toujours, apparemment aussi violentes sinon plus, venimeuses, c’est cela qui demeure incompréhensible, ou inacceptable. Qu’y a-t-il dans toutes ces têtes ?! Quelle tempête là aussi ! Mais il y a ce mouvement d’évolution consciente dont tu parles. Alors, oui, c’est certainement au jour le jour ; mais ce jour le jour qui est assurément une sagesse, un vrai réalisme, me semble aussi, du moins à vivre, une obligation, une retenue, un rétrécissement. A vrai dire, je crois que c’est moi qui ressens ainsi, car en fait il y a ce grand projet devant soi – et pas seulement les projets pour demain auxquels je suis sans doute trop attachée… … Francis qui profite toujours des instants où nous sommes seuls pour me parler de toi, a fait samedi allusion à ta lettre ; à tes vœux en ce qui concerne son livre – mais comment passer à cette réalisation, se demande-t-il… Et aussi à ta réaction à sa dédicace pour toi : un malentendu à ses yeux, ce qui lui donne un air contrit… J’y vois une maladresse qui lui est coutumière dans ses dédicaces ; je me suis d’ailleurs bien amusée, car il ne m’a dit mot bien sûr de la réaction de Christiane à la sienne – dont elle venait justement de me parler la veille !

… Plus de place, sauf pour te redire combien je suis avec toi toujours,

Colette.

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