Lettres à Divakar jusqu'à 2005
un effort, une tension ; ça m’est arrivé plusieurs fois et justement ça ne marche pas. Il y a dans ces moments-là comme une évaporation, une volatilisation, et l’on retombe alors parfois un peu plus dans ce que tu appelles le mental primaire… Je trouve que le spectacle qu’offrent ces limitations, quand on veut bien ou qu’on peut les regarder, est assez stupéfiant ; surtout quand on y mêle « l’intelligence » et sa logique, fut-elle des plus complexes. Mais, comme tu me le dis, s’apercevoir de cela c’est qu’on y a déjà mis une distance favorable… ! … Voilà pour aujourd’hui… ; sur mon bureau des roses très pâles, sur la cheminée des reines-marguerites violettes et roses… Et partout plein de tendresse pour toi,
Colette.
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Mercredi 18-9-91 9 h du matin
Aimé,
Dimanche dernier, nous prenions le beau soleil au Luxembourg ; à ma gauche, un René tête baissée, regard au sol. L’attitude dépressive. Alors que depuis quelques jours, les réveils du matin sont incontestablement plus légers. Mais il est clair aussi qu’il semble ne pas voir, ou ne pas accepter de voir, les indices du mieux. Tout ça pour te dire que, sur ce banc, j’ai eu la conviction que je n’ai pas à « espérer » lorsqu’il est mieux, ni à être déçue quand ça vire sans crier gare… « Je ne peux que vivre ma vie », me suis-je dit. Et j’étais sûre en même temps de ne pas l’abandonner, lui.
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