Lettres à Divakar jusqu'à 2005

chien dans un jeu de quilles, mais parce qu’elle recouvre nécessairement un ensemble de réponses complexe… Alors je me lance, et ce sera peut-être facile… Il s’agit de ce que tu m’écris à propos de Susan - en tant que cela me permet certaines réflexions… Tout d’abord, ce que tu m’écris ne m’étonne pas trop, dans la mesure où quelque chose avait commencé, dont je pensais que cela risquait d’être faussant, tu t’en souviens. J’aimais bien qu’elle habite la maison, mais ça c’est secondaire. Le problème, bien sûr, c’est que Susan et toutes ses qualités, son charme, tout cela n’implique pas que, toi, tu sois attaché à elle comme elle le souhaiterait – on n’aime pas « comme ça », même celui ou celle qui vous aime… (Il faut dire qu’elle n’est pas la première, n’est-ce pas, à devoir « se détacher de toi »… !) Ma question : où est la limite, le seuil, la frontière, pour toi, entre refuser (peut-être trop abruptement ?) de jouer ce jeu d’ « aimer » quand il s’agit d’une amitié, voire d’une tendresse (forme d’amour en fait) – ou de te tenir à distance de toute façon, et pourquoi ? J’ai toujours pensé, tu le sais, qu’à Auroville peu de femmes, ou d’êtres, répondent à tes besoins, à tes exigences bien naturelles, encore que peut-être quelque peu « intransigeantes »… Intransigeance que j’avais évoquée, lorsqu’il y a quelque temps tu m’as dit, brièvement, dans une lettre, que tu avais aimé pendant deux ans (ce qui m’avait bien plu, même si l’amour n’est pas chose de tout repos !)… Rien à ajouter en attendant un dialogue plus « étoffé », qui me permettra d’enrichir mes questions si tu penses qu’elles ne t’encombrent pas…

Je t’aime et suis tout avec toi,

Colette.

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