Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Quant à ce que tu m’écris sur l’Inde en ce moment, cela me touche beaucoup ; rien d’étonnant à cela bien sûr : toi, toi et ce pays, Auroville… Mais je crois percevoir un certain processus qui, lentement, m’a amenée à me sentir concernée – je ne saurais clairement localiser ou définir cela -, comme par un enracinement… Et puis… on apprend qu’en Algérie c’est l’état de siège pour quatre mois… - ça va peut-être compliquer un peu le livre de Francis ! … Tu as sans doute lu au sujet du scandale autour du Centre de Transfusion… (René a pris sa retraite avant les dates incriminées ; de plus, dans les Conseils d’Administration, il a toujours attiré l’attention, en vain, sur les risques attachés à toute transfusion…) Je suis ce dossier d’assez près : c’est accablant, un ensemble de demi vérités, d’accusations, ou de vérités exprimées dans un flou suspect, avec des responsabilités à de nombreux échelons, etc. En fait, l’une des vraies vérités, c’est qu’à l’époque au cours de laquelle les hémophiles ont été contaminés, personne (ni en Amérique ni ailleurs) ne savait encore exactement ce qu’était le virus du sida. Mais il n’est pas exclu qu’il y ait eu des intérêts économiques en jeu à partir des laboratoires… … Comme tu me le dis à propos de l’Inde il faudrait un complet retournement dans bien des cas… mon quotidien ; seulement voilà… c’est comme si, à l’arrière-plan… il y avait une sorte de désoeuvrement… … Même si je me dis que dans mon évolution actuelle je ne pourrais à nouveau pratiquer ce rythme de travail (que j’avais avant), et je ne le voudrais pas, je sais aussi que cela me serait impossible physiquement. Alors me vient cette réflexion : quel poids a dans mon appréciation cette limite physique ? Autrement dit, la passage à mon nouveau rythme de vie s’accompagne, parfois, d’un sentiment mitigé. … Il y a donc des jours où, désormais, je commence plus tard ; et je pensais que c’est bien agréable cette liberté dans
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