Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et puis je t’aime et t’embrasse tout plein,
Colette.
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Vendredi 12-5-91
Aimé,
Green : s’il n’a en effet pas que des amis, si j’ai maintes fois entendu parler, constaté, expérimenté moi-même, tout à fait hors des groupes de travail, son côté indiscret, discourtois…, en contradiction avec l’attention qu’il m’a portée…, il m’est parfois arrivé de « penser », c’est-à-dire de penser en sourdine, que mon malaise avec lui, à certains moments, créait, ou entretenait le sien propre… Que mon… trac devant lui le gênait. Mais comme d’habitude, déjà le fait même que tu le ressentes ainsi, que tu soupçonnes ainsi les choses, et que tu me suggères qu’un geste libre de ma part puisse être le bienvenu, ça me dessille yeux et pensée ! Tout de même il y a là quelque chose à faire vraiment émerger : cette incroyable possibilité que l’on a (en l’occurrence que j’ai) de pétrification devant certains êtres qui deviennent personnages, qui symbolisent au fond une sorte d’interdit, qui font mentalement trébucher ! L’apparence physique joue beaucoup. C’est d’ailleurs curieux cette conjonction, chez lui, entre une incontestable ambition intellectuelle et aussi sociale et une ancienne histoire vertébrale…, un port de tête, et une démarche un peu traînante… Conclusion de tout ça : lorsque je l’ai vu l’autre jour il a été essentiellement question d’une précision théorique de fond et du sort de mon texte.
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