Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Inutile d’évoquer les autres heures, les autres temps, tu sais… !
Hier matin rangement des bagages, puis après-midi de sommeil. Ce matin, trois patients, coiffeur, sieste, et me voici sous ma lampe, près de mes objets favoris… plus, cette fois, à mon cou, ce triangle bleu qui a trouvé une juste place, un poids léger et concret ; et je dirais, dans mes mains, la trace de la terre pour accueillir « notre » arbre ! Reste à te dire le voyage de retour. Outre qu’il faudra bien se faire à cette réalité – ma difficulté (mot bien faible) à cette séparation -, se sont ajoutées toute une série de petites crises cardiaques de René : la 1 ère à la descente à Delhi, suivie de plusieurs à Delhi tandis qu’on attendait le départ (trois heures de retard) ; la dernière dans l’avion sur Paris. Ça a tourné dans ma tête durant ces symptômes ! … J’ai en tout cas ma propre hypothèse quant à la survenue de ces crises, que René semble approcher quand il évoque « l’intensité » et la « violence » de ce qui l’a agité durant son séjour ; avec, aussi, ce nouveau regard sur Auroville… (J’en profite pour te dire qu’il m’a fait promettre de te donner de ses nouvelles dans chacune de mes lettres… Voilà donc qui est fait). Tu connais mes décisions : travailler pour moi, préserver mon temps, mon autonomie, être exigeante ; et en même temps ne pas me soustraire à cette collaboration qu’il attend de moi. Quelques-uns de tes reproches me troublent : mes soi- disant « réticences » devant sa « transformation », mes silences devant autrui au lieu de manifester « mon accord »… Je dois dire que je n’ai eu guère d’espace, ni devant autrui ni hors, pour placer un mot ! Je crois que ta réponse à propos de Christiane va beaucoup m’aider : s’unir à soi pour obtenir un certain détachement (« à soi », à sa Loi intérieure).
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