Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Il est donc en réanimation depuis cinq semaines ; à deux reprises il a pu se lever, parler, puis cela a été une série de rechutes profondes, l’une aussitôt atténuée, aussitôt remplacée par une autre, ailleurs. Une chaîne ininterrompue de désordres, d’un organisme qui s’effondre, selon les craintes de certains, ou bien réagit et lutte, aux yeux, entre autres, d’Aniela (et de moi). Elle, elle lutte. Il est toutefois évident que les réanimateurs, qui luttent, eux aussi, avec leurs moyens, sont très inquiets. Pour René, c’est évidemment difficile ; bien que ses liens affectifs à Claude aient toujours été très distanciés, la situation actuelle est si perturbante, si contradictoire, et comme implacable en même temps, qu’elle remue pas mal de choses. Il est triste également, et moi plus encore, pour Aniela ; mais je connais ses orientations et je la soutiens en ce sens. (J’ajoute que l’état limite dans lequel Claude se trouve à présent peut être, parait-il, réversible, et que dans ce cas tout redeviendrait « normal » sans laisser de séquelles…) … Tempêtes de neige… grèves, etc. oh la, la ! Alors tu me connais, je prie le ciel, et les grévistes pour qu’ils me laissent partir tranquille – et pour des raisons évidentes, pour que la guerre dans le Golfe n’ait pas lieu, malgré toutes les menaces dont on nous entretient…

Et voilà ! Mon manuscrit est dans la boîte aux lettres de Janine Chasseguet…

Je te dis que je t’aime et suis avec toi tout plein,

Colette.

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