Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mais quel boulot – du moins encore, avant que cela devienne naturel ! Le haut de la tête, c’est curieux cette sensation, il suffit d’y penser, de diriger l’attention là, pour qu’une sorte de courant, de souffle, de frisson, passe ; drôle d’effet ! Quant à la marche pour les courses, je me rends tout à fait compte que ce n’est pas ça : le sac, oui, mais même le but, qui parasite la plénitude qui devrait être, elle, le seul but. Je pense aux violences qui viennent de se produire dans certains lycées et ont donné lieu à un débat télévisé. J’ai été très frappée par tout ce que cela a signifié et, aussi, induit : très bien, un débat immédiat!…; et en même temps j’ai eu l’impression que, eh bien oui, maintenant il y a cette violence-là ; un nouveau seuil est franchi dont, à la fois, on prend acte et qu’on dénonce. Par ailleurs, ces mêmes « médias » qui renforcent ce qu’elles prétendent dénoncer, font progresser ici ou là : hier, une chanson d’un des rares chanteurs de talent plein de « conscience » et qui a une voix d’or. En fait, le meilleur et le pire se saisissent de toutes les sources qui sont « dans l’air ». Une collectivité terrifiante, des monstres financiers – et, partout, tel individu merveilleux qui fait progresser la conscience. Je pense, comme toi, qu’autour du symbole du Matrimandir il y a le reflet du monde actuel. Mais, ce qui change, c’est ce toucher concret du symbole à travers sa construction ; vos mains le pétrissent, le sculptent, et il passe dans vos mains. Au fait, toi, peux-tu grignoter un peu de temps pour écrire – même dans des termes approximatifs, insuffisants, ce que tu « vois, sens et éprouves » ? Il est vrai que tu as ton cahier quotidien… … Oui, actuellement c’est la fin d’une ère. Mais quels mélanges, et quelles ambiguïtés… !

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