Lettres à Divakar jusqu'à 2005

D’un côté, si je ne me trompe, il y aurait la répétition d’un même cercle, de l’autre une spirale qui émerge du cercle.

Et puis, et puis, il y a donc cette lettre que je t’écrivais mentalement une récente nuit d’éveil. Difficile à en décrire le contenu. Je compte sur toi pour faire les liens et mettre à leur bonne place les réflexions qui paraissent si claires la nuit, et qui le jour venu s’estompent ou se banalisent. Je te parlais de l’expérience que je suis en train de faire, assez nouvelle bien que parfaitement reconnaissable – nouvelle disons en profondeur – dans mon travail, non pas d’analyste, mais de femme analyste. Conjonction essentielle. A ce propos, ce qui était latent il y a plusieurs années, éclate au grand jour maintenant : d’une part la grande majorité des gens en analyse sont des femmes, et d’autre part une large proportion d’analystes sont des femmes. Et ce qui se disait en souriant se dit clairement aujourd’hui : les femmes sont meilleures dans cette profession ; certains vont même jusqu’à dire que seules les femmes peuvent vraiment répondre, écouter, attendre, relier, concrètement, toutes « qualités » nécessaires à une véritable évolution de cette expérience particulière. Mon analyste, qui a écrit un joli livre « Les Deux Arbres du Jardin », l’explique très, très bien. Et des hommes, Green par exemple, la rejoignent sur ce point. (Ceci dit c’est à mon avis un passage à l’autre extrême, après une sorte d’exclusivité donnée aux analystes hommes ; car bien d’entre eux sont de bons analystes et en particulier ceux qui ont bien harmonisé leur double « appartenance » : part masculine, part féminine.) Je me souvenais, durant cette nuit, de ce que tu m’avais dit un jour avec véhémence (je commençais cette profession, tu avais une quinzaine d’années) : « Tu ne vas tout de même pas prendre des hommes en analyse !... » Je comprenais ce que tu voulais me dire là. Je n’étais pas non plus très sûre de moi encore, ni de ce rôle. Et puis j’ai appris, j’ai évolué, un progrès dans le sens que tu connais ; et je vois bien qu’en vivant concrètement ma

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