Lettres à Divakar jusqu'à 2005
plus, de Sami Ali, qui de toute évidence va apaiser la douleur intérieure, jusqu’à ce qu’il n’en ait plus besoin…
Voilà. Alors j’espère de toutes mes forces pour lui, pour nous – et pour les Prévôts où nous allons peut-être pouvoir aller la semaine prochaine pour 4 jours – car c’était jusqu’ici irréalisable. Après la 1 ère visite René semblait très orienté vers un travail personnel auquel je prendrais part. Si cela se vérifie, j’espère pouvoir l’ouvrir sur tout ce que tu me dis depuis toujours et que tu viens de me redire si bien dans ta dernière lettre : l’aider à se dégager de telles, et de tant d’emprises en lui, à défaire, défaire, à ne plus dire « non », à avoir confiance… Quant à moi, je « travaille » de mon mieux : si je n’avais pas cette ouverture que tu m’aides si fermement à avoir, je crois que je n’aurais pu donner cette présence avec René – cette efficacité je crois - ; je pense qu’en travaillant pour soi, de cette manière-là, on aide mieux l’autre. … A propos de courses… : une excuse pour cette aveugle aventure ; j’avais emmené René parce que je voulais le « sortir » de la maison et de ses angoisses, et parce que cela lui faisait plaisir de faire avec moi cette course pour toi… Tu parles ! Le Forum des Halles, pour calmer les angoisses, ça alors ! C’est un labyrinthe, plein de boutiques à coup sûr, mais un univers laid, grouillant de gens ; des essais de décoration, fleurs et petites fontaines qu’on pleure de voir là, dans un entourage pareil ; et des groupes qui traînent là faute de mieux… La première fois que j’y étais allée, au tout début, il y avait des acrobates, des chanteurs, j’aimais bien, ça faisait baladins du beau Moyen Age. Aujourd’hui, ça fait bazar triste et tout y est en toc. C’est dans de tels lieux qu’on ressent plus encore combien, comme tu me l’écris, toutes les questions qui se posent au monde ne peuvent plus être assumées.
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