Lettres à Divakar jusqu'à 2005
certaines personnes que l’on n’a pas vues durant un certain temps et avec qui le contact, la relation est difficile… En fait, je me sens autre, ailleurs. Tout se passe comme si je restais fixée – ce n’est pas le bon mot, qui laisserait supposer que je ne suis nulle part en dehors de ça, alors que je sens se former une unité -, comme si, ici, j’étais en même temps à ton côté, sur le gradin de l’amphithéâtre (je te l’ai déjà écrit) : cet espace avec le Matrimandir pour horizon, autre vision que sa proximité durant les veilles de nuit, ou sur ta terrasse… Moments d’une grande douceur et d’une grande force. Ma perplexité, c’est que je ne voudrais pas être dupe. C’est-à-dire me servir de cette réalité = mon évolution, comme alibi d’une autre réalité, à savoir qu’il faut une grande continuité dans la rédaction d’un travail, faute de laquelle le courant s’amoindrit et engage à une certaine paresse. Il faut que je mette de l’ordre dans ces sensations. Car, dans la mesure où je veux terminer, j’aimerais mieux que ça se fasse le plus harmonieusement, - le plus justement possible, surtout… De toute façon j’ai quelques ajustements à accomplir ! … Je relis souvent ta liste de « questions et notes » que tu as écrites – je te revois si bien, dans le fauteuil après déjeuner…
A tout bientôt. Je t’embrasse de toute, toute ma tendresse,
Colette.
***
Dimanche 18-3-90
Aimé,
J’ai reçu ensemble tes lettres du 28 et du 4…
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