Lettres à Divakar jusqu'à 2005
A propos de la vieillesse : « tout ce que l’on a fait, toujours, n’est rien à côté de ce qui reste à faire… il ne faut pas regarder en arrière, il faut regarder en avant, toujours en avant, et avancer… ». Cela me rappelle si bien ce que tu me disais à propos de l’attitude à rechercher face à mes « symptômes physiques ». Et je me sens très réceptive à ces mots. (Plus difficile pour moi, ce que Mère dit – ça ne t’étonnera pas… - sur le détachement !) J’ai oublié de te communiquer cette autre remarque de Francis concernant ta capacité à user d’une certaine distance, qui insuffle agréablement une qualité d’humour… Bref, je suis tout à fait d’accord avec lui, là encore ! En ces huit jours, j’ai fait pas mal de choses… … Et puis les patients : je suis vraiment soulagée d’avoir pu mettre en route le processus terminal. Ça ne se passe d’ailleurs pas sans réticences de leur part, tant ils sont moins prêts à cette fin… (Réactions bien connues des psychanalystes). Raison de plus pour les y préparer avec douceur, mais aussi fermeté. Car je veux absolument ne pas me laisser entraîner à des prolongements qui seraient négatifs pour eux et pour moi. Je veux me dégager pour m’ouvrir moi-même à ce qui est devant moi. Par ailleurs je viens d’être très ferme pour la chambre du 7 ème qui n’était pas encore libérée ; du coup elle sera libre et nettoyée dans deux jours. Je vais donc bientôt m’occuper de son installation. … Je voulais te dire aussi qu’il m’est arrivé ces jours-ci de me revoir dans telle ou telle situation du passé, comme cela m’arrive parfois. Drôle d’impression cette fois-ci : tout en ayant une certaine distance, celle de la spectatrice par exemple, c’était en même temps bien moi que je retrouvais ; bien moi, tout en mesurant comme jamais que j’étais autre maintenant.
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