Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… Tu sais, j’ai tellement envie, tant besoin de te parler, de me parler avec toi, que du coup j’ai peu de choses à te conter aujourd’hui… Je pense en tout cas que ton analyse, en ce qui concerne René, du phénomène « sursis », « rallonge », est tout à fait claire et juste. Je peux assez bien reconnaître ce processus car, lorsque je sors de mes coups de fatigue, ou de mes tachycardies, ou de mes instabilités dorsales… je flaire par quoi on peut se laisser avoir si l’on y est enclin, comme René ! Ceci dit, il remonte le courant peu à peu, et moi, mes irrégularités s’estompent. Je travaille beaucoup la respiration, la concentration, et je m’installe dans le direct et le simple. Reste que, parfois, quand je me regarde dans la glace, je me dis (je cite) : « Mince alors, qu’est-ce qu’il (toi) va dire, j’ai comme on dit une mine de papier mâché !... » Mais Sincérité va passer par là : quel repos et quel soubassement à ce travail que je fais… J’ai bien pensé à toi hier en entendant une émission consacrée à l’Abbé Pierre. Si tu savais comme il dit les choses sincèrement, vertement quand il le faut, avec une vision concrète de ce qui se présente à l’humanité, obligée d’évoluer et de s’ouvrir. Ça fait du bien de savoir qu’ici ou là de tels êtres transmettent cette parole. Les jours passent, encore quelques petites courses à faire… ; peu, car de toute façon je viens de m’acheter un sac de voyage dont la contenance est très modeste. … Nous voyons moins souvent les avocats – d’abord parce que jusqu’ici René ne voulait voir quasiment personne, et puis parce qu’ils partent tous les week-ends en Provence ; ils souhaitaient que nous venions là-bas pour le Réveillon du Jour de l’An, mais outre que ce n’est pas un genre de fête que nous pratiquons, ça faisait un peu beaucoup avant mon voyage…
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