Lettres à Divakar jusqu'à 2005

fait, tout en soulignant, avec cette stupéfiante énergie du déprimé, que ça ne sert à rien… ! Je crois qu’il va un peu mieux, mais hier il a été submergé par l’angoisse ; et par une immense fatigue. Je te parlerai de tout cela. Car je ne peux m’empêcher de faire certaines hypothèses sur le déclenchement de cette crise qui remonte à quatre mois à peu près ; ce qui, de toute façon, n’explique pas grand-chose, car le déclenchement part d’un certain terrain où de « mauvaises habitudes » jouent un grand rôle. Et puis, me battre ainsi, c’est être un peu à côté de la bonne attitude ? Mais je dois lutter contre l’impression faussante que, sinon, je l’abandonne… ! Hier je lui ai proposé qu’il t’écrive ou que tu lui écrives : mais il dit, sans doute à juste titre, que non, qu’il faut du réel, c’est-à-dire un dialogue sur place. … Je trouve ça savoureux et intéressant ton équipe avec Roger A ; c’est toujours bien lorsque les choses ne sont pas figées, même si elles sont encore fragiles comme tu le soulignes. … Que penses-tu des vertigineux évènements de l’Est ? Moi, je sens (plus que quelques-uns autour de moi) qu’il va se passer de sacrés bouleversements, changements de mentalités, crises… Et, curieusement, cela se relie dans mon esprit à ce que je viens de voir à la télévision : avec des ordinateurs géants « associés » à des ethnologues on vient de reconstituer le temple de Karnak en Egypte, ce qui n’avait jamais pu être représentable jusqu’ici. Je n’y comprends rien, mais j’ai eu l’impression que le monde était maintenant totalement mis sur… banque de données !

A bientôt. Avec toi. Je t’aime,

Colette.

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