Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Quant au Francis, il est venu à la maison dimanche, lundi et mardi, pour une émission à la radio sur sa vie (dont la monteuse est Judith d’Astier) ; il revient dans une semaine pour les derniers enregistrements. On a dîné au restaurant dimanche, et je lui ai parlé de quelque chose qui me frappe beaucoup, à quoi il est aussi très attentif et sensible, tout en étant plus optimiste que moi : l’avenir de notre société d’ordinateurs ! Or justement, Aniela me parlait le lendemain de sa participation, en tant que documentaliste, à un Congrès mondial à Lugano organisé autour des recherches actuelles (des psychanalystes, médecins et divers thérapeutes) sur le nourrisson, sur l’influence précoce de la dépression maternelle, etc. On attendait beaucoup des travaux américains ; or eux, les Canadiens, et une partie des Anglais hélas, n’ont parlé de leurs recherches qu’en termes de « données », chiffres et autres langages des ordinateurs qui, à la limite… confirmaient les dites recherches ! Quand on ajoute une remarque entendue lors d’une émission télévisée sur l’an 2020, faite par un scientifique haut placé répondant à des jeunes gens sortant des grandes écoles : « Mais non, non, ce n’est pas l’homme qui va être au service de la machine, c’est l’inverse…, mais il faut se dépêcher ! »… Quelle phrase ! Il voulait dire qu’il fallait vite apprendre à s’en servir pour éviter aux populations de devenir en fait « assistées », dépendantes des techniciens… Tout de même ! Il est vrai que les enfants s’adaptent très vite à ces machines. Peut-être est-il vrai aussi qu’un monde bien adapté va donner naissance à une autre société, une autre civilisation, une autre « pensée », une évolution insoupçonnée.
Plus tard
Bien reçu ta lettre du 21.
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