Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Hier, ma fameuse marche dans la campagne où, seule, je peux mieux que dans les rues parisiennes me livrer à mes recherches et rectifications de stature et de respiration. Pour ce circuit je mets environ 1 h ¼. Avant de partir j’ai eu ta lettre du 10. Ça m’a bien amusée ce que tu me dis de ce Pannikhar, et de la distance polie qu’il convient d’observer… ! Car, au fond – pas tellement au fond d’ailleurs – je ne crois rien de ce qu’il dit ! Au point que je ne me suis jamais imaginée accepter son invitation dans la maison réservée aux amis en Espagne, dans un lieu parait-il exceptionnel, isolé en pleine nature, sur une falaise… et dont les Fournel parlent avec enthousiasme… Non. Pas chez quelqu’un dont on doute, peut-être injustement, à ce point. J’ai bien lu tout ce que tu me dis des conflits au Matrimandir. Quelle histoire quand même tout ça ! Quels chemins, quels tâtonnements ! Je suis tous ces va et vient que tu me décris et me sens très concernée. … A propos de transmission, je viens de faire une expérience intéressante et j’ai bien pensé à toi : il s’agit d’une patiente de 32 ans, Lydie ; je la vois depuis quelques mois une fois par semaine « en face à face ». A vrai dire je l’avais déjà suivie il y a longtemps, lorsqu’elle avait 17 ans ; « suivie », c’est beaucoup dire, je ne sais trop ce que j’ai pu faire, sauf de lui donner de la présence ; à l’époque non seulement elle avait une grave maladie intestinale mais se droguait beaucoup. Cette fois elle a voulu me revoir – à l’exclusion de tout autre thérapeute – à cause de certains délires qui l’inquiétaient. Je passe les détails : simplement j’ai vis à vis d’elle une attitude particulière, hors la moindre orthodoxie mais sans céder sur le plan d’une certaine rigueur. Et j’accepte, entre autres, sans « l’analyser », l’attachement qu’elle me voue. Je sais que je l’aide de cette façon ; et je l’apprécie beaucoup.
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