Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Comme tu vois, on était bien contentes d’être ensemble ; beaucoup parlé d’Auroville, de Jean Yves, de vous deux ; de Francis aussi. Sans doute sommes-nous différentes l’une de l’autre, surtout je le suppose dans notre contact extérieur avec autrui ; mais sur certains points essentiels, et dans notre échange confiant, nous nous ressentons « sœurs » (et puis il y a le même compagnon entre nous, ça compte, et là, de manière positive). On était heureuses de nous dire : « d’un côté il y a les deux vraiment frères Jean Yves et Divakar, de l’autre les deux sœurs… » ! Et ce sont des « coïncidences » qui portent en elles beaucoup de force et de sens. Tout à l’heure j’emmène Aruna déjeuner dans le petit bar voisin… et dans l’après-midi René l’emmène se promener… ! Je garde l’impression – mais elle peut changer – qu’Aruna ne se sent pas à l’aise avec moi ; cela avait déjà commencé quand elle avait senti mon amitié pour Barbara, mais surtout René a dû fiche la pagaïe, tout en se moquant pas mal des effets. Il est vrai que rien de tout ça n’est grave ; ou plutôt, les derniers « évènements » qu’il a créés à Sincérité m’ont, moi, bien assagie… ! … Mercredi soir, on a dîné avec Ulrich, que je n’avais pas revu depuis six semaines ou plus. Hervé est venu nous rejoindre ; plus que jamais, assis l’un à côté de l’autre, Ulrich paraissait le père de ce jeune adolescent ; et cela lui donnait un surplus je dirais d’élégance et de gravité. Il est de plus en plus attaché à leur maison dans les Alpilles… et je crois que Philippe et lui vont réaliser une vie dont ils rêvent : Paris le moins possible, en fonction de leur profession…

… Tendrement,

Colette.

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