Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Ton « programme » sera incontestablement et pour toujours mon bréviaire. En quelques lignes tout ce dont j’ai besoin. En particulier lorsque tu me dis que je ne suis consciente de l’axe que négativement, par un manque, c’est une lumière sur mes obscurités ! Drôle de chose, je peux dire que je le savais mais que c’est une découverte essentielle, je le savais d’un savoir inerte, neutre, gris je dirais. … Un manque d’équilibre… mais oui, physiquement et mentalement : une colonne vertébrale qui a besoin de cette coulée de conscience. Ton programme, c’est un travail permanent qui s’ouvre, et j’aime le travail. Tu peux dire que, déjà, tu m’avais orientée ainsi à plusieurs reprises ; mais cette fois c’est centré, justement, en quelques lignes et ça tombe tellement à pic ! Mais pourquoi, pourquoi tout ce temps pour comprendre, découvrir et s’éveiller, basculer sur un autre plan ? Pourquoi tout ce temps pour qu’un « savoir » devienne tangible, concret ? Tant de couches, ou une seule peu importe, à animer ou à déloger, de tendances à éclairer ! Et puis j’aime que tu me dises à propos de mon texte : « et laisse le partir ! ». C’est bien de me l’avoir dit ainsi. A bientôt. Je comprends tellement ce que tu m’écris que je me sens comme aérée.
Je t’embrasse, mais fort, fort.
(J’espère que je n’ai pas laissé à Susan une maison trop en désordre, alors que je la trouve toute scintillante à mon arrivée ! Avez-vous reçu le ciment pour la Chambre ? J’aime penser à tout cela et m’y sens bien).
Plein de tendresse,
Colette.
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