Lettres à Divakar jusqu'à 2005
tel lieu d’Auroville (la barrière que l’on contourne à droite à l’entrée de Ravena…) m’apparaît, précis ; et là, c’est le contact très simple avec les deux patrons du bar. Troisième lieu : un ravissant petit salon de thé récemment ouvert en bas du 27 ; lorsque j’ai un moment dans l’après- midi je vais y prendre un thé ; cette fois c’est une gentille atmosphère entre le propriétaire serveur et moi ; il faut dire que le premier jour où j’y suis allée, curieusement intimidée par le lieu et cet homme, j’ai cassé un beau sucrier (genre de choses qui m’arrive très rarement, j’étais vexée !), et ça crée des liens ! Comme tu vois, ce n’est pas tout à fait cette « autorité »… ; c’est en fait un décoinçage dont je vois très bien qu’en retour il étend ma liberté, y compris celle de marquer telle distance en tant qu’expression de mon évolution… Et puis, que je n’oublie pas, il y a aussi… les fréquentes rencontres, pour René également, avec Nicole qui habite au 9 ! Tu sais, la Nicole de ton adolescence ; mais il ne reste vraiment pas assez de la ravissante et fine jeune fille, dommage ; quelquefois on prend un café ensemble ; son visage garde les traces des drogues et alcool et, comme cela arrive souvent, elle semble sortie de ces périodes avec plein de petits conformismes dans sa tête… Elle demande, chaque fois, sans exception, de tes nouvelles à René comme à moi ; et comme son visage s’éclaire à chacune de ces fois, disons qu’on retrouve tout de même un sourire d’autrefois… Je voudrais à présent te parler d’un « éprouvé » en moi, à propos duquel j’aimerais avoir tes réactions. Appelons-le, comme René le désigne, mon philosémitisme. Je te dirai sa nature. René s’en réjouit, mais quant à comprendre, ou à faire l’effort de comprendre de quoi il s’agit, il y a entre nous, non pas un malentendu, mais un demi entendu. La nature de sa joie, d’ailleurs, est à cet égard à mon avis éclairante.
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