Lettres à Divakar jusqu'à 2005

telle »). Il faut que je réfléchisse au contenu véritable de cette réserve. Mais je dois pouvoir y arriver, car je sens de plus en plus fréquemment la nécessité d’être pleinement moi-même. Je crois avoir bien perçu et compris ce que tu me dis de ta « curieuse condition » depuis le début de l’année. Et avant même d’avoir lu que « sans le chercher aucunement, je comprends mieux un certain nombre de choses », j’avais pensé à cela même devant tes mots de nivellement, de neutralité, et surtout de vacance ; je crois beaucoup, beaucoup à la nécessité, à l’utilité de ces zones de latence. Un peu comme au matin on s’aperçoit que « la nuit porte conseil »… - périodes de pause, d’ajustements silencieux, de respiration autre.

… Et puis je t’aime fort, fort,

Colette.

***

Mardi 19-4-88

Aimé,

… Les lilas commencent à fleurir dans la cour… … Elie est venue déjeuner tout à l’heure : toute en camaïeux violets, un collier fait de petits œufs de Pâques – un nouveau chaque année à la mode russe – en pierres dures ; le visage un peu rond, la voix tranquille ; avec, toujours, son incontestable élégance de manières. Elle t’a écrit deux longues lettres, dit-elle mi-riante mi- interrogative, car … tu n’as rien à lui dire… !

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