Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Vendredi 30-10-87

Aimé,

Que je te fasse part tout de suite : côté santé pour René, une alerte un peu sérieuse sur le plan cardiaque. Un malaise samedi dernier, c’est-à-dire un spasme cardiaque, qui a disparu rapidement après l’absorption d’une petite pilule – que je garde toujours dans mon sac depuis le jour où, tu te souviens, j’avais eu moi-même de tels symptômes… Du coup nous pensions bien qu’il s’agissait pour René de la même chose… ; mais, après examens, il est clair que c’est une vraie angine de poitrine – une insuffisance coronarienne. Il n’a pas fait d’infarctus. Mais il lui faut du repos dans les jours qui viennent… … Le moral n’est pas mauvais. D’autant plus qu’il a eu aussitôt sa réaction habituelle, en opposition au médecin qu’il vient de consulter… C’est-à-dire qu’il fait à partir de là son propre diagnostic et qu’il devient son propre médecin, en tenant compte des troubles qu’il se connaît depuis toujours (maux de tête par exemple), et des thérapeutiques très personnelles qu’il observe. Bref, c’est une manière de lutter. Et je l’aide à lutter. Ce qui me rend soucieuse pour ces prochains jours c’est qu’à mon avis la frontière est actuellement fragile entre « ne pas vivre au ralenti », comme il le souhaite, et l’imprudence. Enfin, j’ai une semaine de vacances, ce qui va me permettre de surveiller tout cela. Evidemment, et bien malgré lui, nous ne pouvons pas aller aux Prévôts. … Voilà ; René doit revoir le cardiologue lundi ; je l’accompagnerai. … C’est formidable à quel point le fait de t’écrire tout cela, de le partager avec toi, m’aide et me rend forte !

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