Lettres à Divakar jusqu'à 2005
hommes n’y échappent pas, seulement ils ont une autre manière apparemment de le vivre)… Avec le recul du temps, de l’âge, et l’équilibre qu’il apporte, je vois les choses plus consciemment qu’au temps de ma jeunesse ; mais que cela est difficile ! Je crois quand même qu’il y a une grande différence – encore, dirais-je – entre homme et femme. Ta relation « non exclusive » avec Susan, comme je la comprends ! Mais comme je trouve, ou retrouve … la souffrance d’Aruna compréhensible ! Et comment faire dans une vie de couple ? Il faut revoir la question de la fidélité, et apprendre absolument à la vouloir, à la voir, ailleurs que là où on la met ! Je ne vois pas d’autre progrès, à l’heure actuelle, que dans cet effort de conscience – d’ouverture à l’autre, et à soi par la même occasion, et à plus loin aussi ! Bonne manière de ne pas trop nourrir la grosse panse du monstre, comme tu dis. Que d’entraves pour chacun de nous, j’aimerais avoir beaucoup, beaucoup de temps devant moi pour bien « travailler » ! Je voudrais tant que tu parviennes à naviguer au mieux entre, derniers exemples, Auroville, Ravena, Aruna - ton sentiment, ton amitié pour Aruna, pour Susan… ne peuvent sûrement pas trouver leur liberté d’expression, d’expansion, qui pourtant, et ça j’en suis sûre, ne devrait nuire à personne, au contraire… Voilà ces quelques lignes de partage avec toi, d’accompagnement : de là où je suis, comme je suis, comme je suis devenue, comme je deviens, tout cela qui te doit beaucoup.
A bientôt,
Colette.
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