Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mercredi 15-7-87
Aimé,
Voici ce que je pensais à te raconter – exemple d’expériences actuelles que j’aimerais faire avec plus de conscience, sinon elles me déconcertent, ou bien… trois petits tours et elles s’en vont ! C’était samedi dernier, une matinée de travail suivie, l’après-midi, d’une longue séance dont j’avais grand besoin chez le coiffeur ; en tout, pas mal d’heures assise. Fatigue à la sortie du coiffeur, je n’aurais pas pu faire dix pas de plus. Retour à la maison, je m’étends deux bonnes heures au moins, redoutant un peu le dîner prévu chez les avocats. Je me prépare enfin : longue jupe noire, tunique de ce vert dont je sais de très longue date qu’il y a un accord très intense entre lui et moi, un accord physique et psychologique. J’ajoute que j’ai réussi à être bronzée. Nous arrivons. Je n’avais pas revu Ulrich depuis avril. Dés le seuil de la porte, surprise de celui-ci : « Non seulement vous avez une mine merveilleuse, mais … vous êtes… vous êtes au-delà… ». Dîner plus qu’agréable dans le petit jardin au fond de l’impasse du 13 ème où ils habitent – chèvrefeuilles grimpants, roses, etc. -, un climat raffiné dans la plus grande simplicité… bref, j’étais bien, à mon aise. A un moment, tandis que Philippe et René étaient partis vers la cuisine, Ulrich, ému cela m’a beaucoup frappée, me dit, ou plutôt balbutie : « Je ne sais pas comment vous dire, mais je trouve qu’il y a en vous une force nouvelle… et une façon de dire et de ressentir les choses… ». Voilà à peu près. Et le lendemain matin, longue marche. Tout ça pour te dire que mon corps m’a donné l’impression de m’échapper.
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