Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mais je ne sais si tu as une idée de sa capacité dans l’insistance, le clou qu’on enfonce, enfonce dans la tête de l’autre. Ça, ajouté aux yeux écarquillés du kinési apprenant de René le rythme de travail des psychanalystes, a créé en moi une aliénation très pénible, un refus surtout devant le tableau que ces messieurs faisaient de mon dos ainsi soumis à la torture ! Impossible à accepter ! Pourtant, tout à fait en même temps, je savais qu’il fallait – pour la conduite de mon travail lui-même – décider en septembre de terminer dans un avenir immédiat un bon nombre d’analyses. Il y a bien longtemps, Freud avait mis en garde … de ne pas tomber dans le piège des analyses dites interminables (s’il savait, c’est fou !). Alors, aucun problème, mais j’ai comme une petite peine assez bête qui traînaille encore : j’aurais voulu ralentir sans que ce soit parasité par un prétexte justifié de santé. Un orgueil mal placé ? En tout cas, Gaby m’a appris (en ignorant que j’étais aux prises avec ce problème) qu’elle allait alléger son travail car, le soir venu, elle dit qu’elle est épuisée ; et elle prend ça, cette décision, très sainement. Cela a contribué à me remettre la tête à l’endroit. Je dois toutefois ajouter que, curieusement, cette phase de refus douloureux que je viens de connaître, m’a donné à son terme une sorte de force inattendue dont j’aimerais être bien consciente.
… Sûrement d’autres points à développer…
Je t’embrasse tout plein,
Colette.
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