Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Je dois dire que je me refuse en quelque sorte à penser « à cet accident » : j’ai besoin je crois d’être vraiment debout pour y voir quelque chose, ou bien, comme je te l’ai écrit, pour l’intégrer, l’insérer, ne pas le laisser au dehors, ce qui me semblerait une erreur… Qu’en penses-tu ?
Parle-moi de toi, de « là-bas » - qui est « ici » !
… Je vis un peu au ralenti, ce n’est pas toujours facile maintenant que les forces reprennent, il y a une sorte de remaniement qui pousse d’un côté, retient de l’autre… Patience ! Confiance ! Je t’aime et je t’embrasse tendrement, tendrement. René t’embrasse ; il est attentif et présent. Embrasse Aruna,
Colette.
***
Dimanche 14-6-87
Aimé,
Je m’offrirai aujourd’hui le plaisir de parler de mon bulletin de santé un peu plus loin : j’ai tes lettres du 30 et du 6 !
Ton kyste : écoute, je suis stupéfaite ! Dieu sait si je la regarde ta tête, ta chevelure que j’aime, et même que … je t’envie ! Je connais bien la place de quelques fils blancs, les petits carrefours, etc. Et le kyste : jamais vu !! J’espère que ça ne t’a pas fait mal (car tu sais, moi non plus je n’ai jamais accordé la moindre vertu à la douleur, bien au contraire…).
563
Made with FlippingBook flipbook maker