Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Bon… A part ça, notre troisième vague de froid-surprise… et je ris à l’idée de la bonne blague que je prépare à mon organisme en le plongeant sous peu dans un bain de quelques bonnes dizaines de degrés en plus ! … Je sens se former en moi un temps et un espace, je dirais étales, avec cette place qui s’emplit tranquillement de tout ce que je te communiquerai d’ici peu de semaines, et qui attend cet avenir tout proche ! Prépare-toi !

Plein de baisers,

Colette.

***

Lundi 16-3-87

Aimé,

… C’est drôle tu sais, j’ai été presque surprise, à lire ce que tu évoques des difficultés éprouvées par Susan (« cette sorte de déchirement ») par l’acuité et la précision de ce sentiment qui se renouvelle chaque année pour moi et reste intact dans la mémoire. Ma surprise c’est de constater combien les émotions sont situées différemment sous des apparences semblables ; ainsi pourrait-on croire ici à de la tristesse, du chagrin, etc., notions qui s’entourent d’une certaine brume… or ça se situe tout autrement, et c’est fait de points si précis, si aigus, que le souvenir que j’en ai ne se perd dans aucune durée : c’est intact et reconnaissable d’emblée. Que je te dise maintenant : j’ai reçu vendredi une lettre de Jean Yves – de passage à Paris pour si peu de temps qu’il ne veut pas que nous nous rencontrions dans la hâte - ; deux

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