Lettres à Divakar jusqu'à 2005

La période que je traverse, et dont je t’ai un peu parlé, à l’égard par exemple de la peinture, se maintient ; c’est comme … une sorte de retrouvaille avec un pays ; avec, en plus, un contact qui aura considérablement gagné de tout ce que j’ai fait et accompli entre temps. Je ne sais comment nommer ce niveau de mon besoin. Il se manifeste en tout cas comme celui, ou d’un complément à mon travail, ou d’un enrichissement à celui-ci, ou même d’un allègement, sinon d’une autre mise en place, ou d’une certaine mise au silence de ce travail. Je voudrais le plus tôt possible revoir Van Eyck (et ses « Epoux Arnolfini » !), et Vermeer ; et la semaine prochaine je vais donc à l’exposition des Rembrandt… Chose curieuse à vivre « de l’intérieur », c’est-à-dire au cours de séances de psychanalyse : imagine que deux de mes « patients » font en ce moment la même expérience ! Transmission ? L’une, devenue psychanalyste mais qui vient parfois me revoir pour faire le point (elle est la fille d’un peintre que tu as aperçu je crois…, Bolin) et qui ne veut absolument pas s’engager, ni à vie ni quotidiennement dans la profession, et reprend contact avec la peinture, le dessin, et la création de bijoux. L’autre, un obsessionnel – une sorte d’hypertrophie du mental – a depuis quelques mois découvert la peinture et, progressivement, se guérit de son excès de mentalisation, laissant enfin venir et s’exprimer une sensibilité assez émouvante ; du coup, il trouve des mots étonnants pour me décrire tel ou tel tableau ; si bien que je vois, à travers cette expérience singulière, une quantité d’œuvres… ! Aussi, et un peu dans la même veine, j’ai ressenti une extrême reconnaissance à l’égard des grands cinéastes italiens… Antonioni, Fellini, Pasolini, et mon préféré, Visconti ! Le bon côté de l’Homme, tout ça !

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