Lettres à Divakar jusqu'à 2005

jusqu’à la texture des petites feuilles vertes au pied des arbres voisins de la douche, aux grappes mauves et au grain du banc de pierre sur lequel il nous arrive de prendre le thé… Voilà encore des « charges » liées à ce Lieu, mais avec un investissement qui, là, je le sais et tu le sais, n’a rien des ignorances ou aveuglements que tu me signales dans certaines façons de vivre des zones du passé ; au contraire, ces images-là vont vers l’avant ! J’ai donc, tu vois, reçu ta lettre du 18, avant que tu n’ailles regarder l’océan… … Si j’étais Aruna – avec ce que je suis, pense, mesure maintenant -, je ne t’en voudrais pas de n’être pas plus « disponible », ne serait-ce que parce que ce sentiment ne peut que peser sur toi, sur elle, sur la situation. Moyennant quoi, je vivrais uniquement, et pleinement, ce à quoi il est possible d’accéder dans le présent de ta présence. Si je lui disais une chose pareille, elle penserait que ces paroles viennent comme d’une … mère raisonnable et qui a passé l’âge de… etc. Alors que je l’apprends sur ce chemin dont tu me parles, ce chemin qu’elle tente de découvrir elle- même… Un drôle de chemin, me dis-tu… oui, je comprends ! Pour ce qui est du mien – ça m’agace de te dire cela car tu peux penser que c’est là une obsession de ma part, alors que ce n’est pas du tout le cas -, mon chemin donc, comment faire pour ne pas être à certains moments, sans qu’on y prenne garde, frappé par une très sage, très réaliste évidence : « dommage qu’il me reste peu de temps devant moi ! »… Exactement comme pour le hatha yoga, que je découvre plus réellement depuis trois jeudis ; toutes ces gymnastiques que j’ai pu faire dans ma vie, toutes sans exception, incomplètes et même déséquilibrantes… ! Que n’ai-je fait du yoga plus tôt !

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