Lettres à Divakar jusqu'à 2005
aussi de la rue où j’ai habité pendant un an, de l’âge de 7 à 8 ans. Le jardin domine la mer, le port, et qui plus est j’y ai rencontré 17 chats superbes se promenant dans les allées ! Le soir, champagne. Entre temps, les monceaux de photos familiales que Pierrette garde pieusement : elle a le culte du passé que, justement, je n’ai pas. J’ai été frappée par une certaine ressemblance physique que j’ai eue, un temps, avec cette lignée paternelle qu’en définitive je connais mal – la « fascination » se portant sur les femmes de la lignée maternelle et certains souvenirs sûrement recréés. Or, effets du champagne aidant, une certaine acuité de pensée m’a tenue éveillée dans la nuit du dimanche, et voici que pendant un très court moment, mêlée à la présence de ce jardin, à son nom, une peur m’est venue : non pas angoisse, ni anxiété, mais très clairement, très consciemment un sentiment de peur, avec des mots – « tirée en arrière » -. C’était une acuité de conscience, très vive et très brève. Mais ce qui m’intéresse depuis, c’est que précisément je ne retrouve en rien, là, de ce côté familial, cette fameuse fascination qui englue pas mal d’émotions et de sentiments et qui me rend en fin de compte assez légère et libre dans la mesure où je sais que pour une part c’est un « jeu ». Jamais de peur avec ce mythe-là.
Beaucoup de choses me viennent à l’esprit, de déductions, mais j’arrête pour laisser place à demain.
Paris, jeudi 2 janvier 1987
J’ai trouvé ta lettre du 19 hier. J’ai bien ri parce que… je voulais justement te demander si tu serais d’accord avec l’envie que j’ai d’envoyer à Claouey « D’un Seuil, Témoigner » ! Ça s’appelle être d’accord, non !
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