Lettres à Divakar jusqu'à 2005
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Lundi 24-11-86
Aimé,
Bien reçu ta lettre du 16.
Peut-être vas-tu trouver bizarre la remarque dont je vais te faire part, ou plutôt la liaison qui la suscite : lorsque je lis tes réflexions concernant mon voyage à Marseille, si justes, qui mettent l’accent sur le point non conscient (par exemple « la fascination », et cela m’a rappelé qu’une des premières choses que j’ai dites à mon analyste, c’était ma crainte que l’analyse me fasse perdre mon aptitude à la fascination…), qui sont si dynamiques, comme le sont si souvent tes diverses réflexions, indiquant toujours l’orientation à prendre, donnant la bonne distance, et dé-fascinant justement… Alors j’enrage de te savoir aux prises avec crises et contrecoups, il y a là quelque chose qui n’est pas à sa place, pas « juste »… Comprends-moi bien : je ne pense pas que tu puisses éviter, ni même doives éviter, ces sortes de passages ; et aussi, ne regrette jamais, je te l’ai dit, de me les signaler. D’autant que par exemple je pouvais bien les deviner ces traversées que tu connais actuellement ; ne serait-ce que parce que j’ai eu maintes fois l’occasion de constater que devant un « départ » (double départ à Ravena) les premières réactions adaptatives sont souvent suivies, plus tard, de contrecoups précisément… Mais il y a dans ma « rage » tout ce qui a trait à ce manque au niveau de la collectivité aurovillienne, dont je me suis si souvent offusquée avec toi que je ne vais pas une fois de plus y revenir en détail.
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