Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Ce sont des processus organiques très profonds, qui ne sont pas directement liés au besoin de sommeil, puisque dans ce sens nous bénéficions au contraire de 3 h ½ de plus… Mais ce n’est pas tant cela qui étonne : tout le dimanche occupé à dormir sitôt les bagages rangés, il s’est agi d’un sommeil troublé, entrecoupé de réveils et de rêves complètement emmêlés, avec dans tout cela un point tenace : j’étais à Sincérité, ici, là, faisant tel ou tel geste, marchant, vivant… Une réalité absolue. A la fin de ce dimanche c’était assez perturbant ce mécanisme inébranlable ! Ce n’est pas simple à comprendre en fait : est-ce le corps qui ne parvient pas à réajuster les faces de la réalité physique, qui appartient encore au lieu et à l’espace qu’il vient de quitter, et quel est le rôle du temps dans cette perturbation ? Est-ce un refus, purement et simplement ? Est-ce seulement physique, ou y a-t-il une participation du mental ? Lequel ? Une chose est sûre en tout cas, si un tel mécanisme devait se prolonger de cette manière-là, on éprouverait la sensation d’un « trouble mental »… Nous trouvons ici, au retour, une situation politique très tendue : depuis une dizaine de jours en effet les attentas sont quotidiens et assez spectaculaires – Préfecture, Hôtel de Vile, Pub, avec chaque fois pas mal de blessés. Le gouvernement vient de prendre des mesures qui en annoncent d’autres – actions de l’armée ; mesures toujours inquiétantes, mais que faire ? J’avoue que je vois mal comment on pourrait continuer à laisser faire. Il me semble que nous allons à grande allure vers des trucs fabuleux et imprévisibles. Je ressens très fort deux choses : sur le chemin du retour de l’aéroport de Roissy – une perfection ! – le heurt, que j’avais comme en moi, entre l’Orient et l’Occident, quelque chose
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