Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Nous avons passé quelques heures à la plage du Perron ; résultat : une cuvette où trempent des coquillages…

… J’ai jusqu’ici assez bien travaillé, beaucoup plus facilement qu’à Paris ; je trouve que ce que j’écris ici « vient » infiniment mieux. Je lis Genet (l’as-tu enfin reçu ?). … Soaz, les enfants et moi avons déjeuné à la crêperie de la Houle ; puis, profitant d’une éclaircie inespérée, sommes allés marcher (Samuel dans les bras de Soaz) à Paramé : plage solitaire, ciel d’orage, avec des percées de lumière, averse de grêlons qui nous a trempés ; étourdis par l’air et le vent, c’était bien ! Je suis mal fichue, le cœur un peu serré, ils sont partis ce matin – Soaz émue et les yeux embués, moi pareille ! Et pourtant, ce départ était en un sens souhaitable ; je suis épuisée par Gwen ! Un ouragan de chaque instant, parle fort, « veut » tout, c’est stupéfiant cette énergie d’un enfant, cette sorte d’énergie capable d’user un adulte. Quel dommage : il y a des secondes où elle dit une chose gentille, calme, émouvante par contraste… Il faudrait que quelqu’un, ou une situation ferme et douce, vienne recentrer quelque chose en elle. Quant à Soaz – un peu dépassée, et il y a de quoi -, toi seul peut lui indiquer un chemin, éclairer ses tiraillements… Je sais qu’elle t’écrit. Moi, voici quelle a été mon attitude (il semble que cela l’a aidée) : évitant naturellement tout « conseil », et me basant sur ce qu’elle m’a confié, j’ai insisté pour lui montrer que les arguments qu’elle met au premier plan, avec réalisme et justesse (Auroville, le laxisme à l’égard des enfants, la dureté là-bas, etc.) sont néanmoins secondaires face au problème essentiel : sa dépendance douloureuse à l’égard de sa mère, qui a besoin d’être réglée en elle-même, pour Mardi 17 h

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