Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Dont tu dis, entre autres, qu’elle n’est utile qu’à moyen terme et contribue même à reformer des illusions : et ça, tu peux me croire, j’y réfléchis beaucoup ; te dirai-je que cela me libère ?! Beaucoup à te dire encore, c’est évident, mais j’y reviendrai, et avec plus de clarté que tout ce qui précède ! Dieu, en effet, quelle gangue emprisonne ma pensée ! Et pourtant je sais que je sens très bien ce que je découvre, comprends, approche, et même ce que je ne comprends pas. A propos de ce que j’ai du mal à situer, une question que je t’ai sans doute déjà posée mais dans un autre contexte, sinon dans une autre perspective : pourquoi les descriptions de Sri Aurobindo ne viendraient-elles pas du mental, mental supérieur certes ? Il y a cette perception directe, je sais, mais justement il y a à de rares moments, d’autant plus précieux, de ces perceptions-là en psychanalyse. Alors nous nous trompons lorsque nous les raisonnons ensuite ? Questions apparemment pleines d’ignorance de ma part, mais je ne veux pas les éluder… Comme je te l’ai dit, je suis allée à l’Assemblée extraordinaire de la Société… Ah ! ce spectacle des ravages des institutions, luttes de pouvoir, dialogues de sourds, compromis de mauvaise qualité… ! Il fallait voter pour ou contre une réforme des statuts, et devant cela j’ai voté l’abstention ! J’ai soudain trouvé qu’un oui ou un non c’était jouer le jeu. Par contre deux rencontres ont été pour moi une brusque et physique révélation, au centre du corps : l’une, après des années, de Michel de M’Uzan ; l’autre, après deux ans, de Green. Deux élans très forts, le premier du cœur, le deuxième de l’esprit.
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