Lettres à Divakar jusqu'à 2005
… Bonnes nouvelles de Gérard par Suzanne… : il rentre début juillet, « guéri » de Martine et sorti de son climat dépressif… Lettre de Soaz ; … je ne résiste pas au plaisir de te recopier son premier paragraphe : « Je te remercie pour les photos reçues hier, elles sont superbes ; Samuel est heureux de revoir Divakar et Aruna, (plus la moto !). D’ailleurs il a plusieurs souvenirs, cadeaux de Divakar avant le départ auxquels il tient beaucoup. Un jour je lui ai demandé où était Divakar, il m’a répondu ‘là’ (sous-entendu ‘avec moi’)… » Je crois que j’ai ressenti avec précision le goût de ta bière fraîche et la vision de l’océan que ta lettre m’a apportés ! J’ai lu très attentivement ta première réponse à propos du psychisme ; ce n’est certainement pas, en effet, comme tu le dis, un sujet que l’on peut traiter en quelques lignes. Mais tes mots sont des approches pour moi, des rebondissements offerts à mes pauses et interrogations, dont je te ferai part à coup sûr. Lorsque tu me dis que cette configuration de la psychanalyse est vue et perçue par le mental, cela m’apparaît comme très important, avec une grande force. Peut-être est-ce là l’un des points les plus complexes : je peux dire que cela je le sais et ne le sais pas (et que pour exprimer ce que je « pense » j’ai l’impression qu’il me faut en quelque sorte extraire ma pensée d’une gangue). Je le sais : Freud n’a pas cessé de dire que sa métapsychologie était une spéculation ; et ses successeurs, dont « nous », ont continué à spéculer. Mais : je ne le sais pas dans la mesure où la pratique dépasse toutes les spéculations en même temps qu’elle en confirme certaines par l’expérience (intuitive, oui), dois-je dire « directe » ? Je crois que c’est là, exactement, que les choses divergent entre cette expérience spirituelle directe dont tu parles et l’expérience psychanalytique prétendument directe.
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