Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Puis, saisissant l’occasion offerte par le livre de Sudhir Kakar, remarques sur notre croyance erronée à l’universalité de nos concepts, croyance entretenue par la … cohérence de notre théorie. (Et, chemin faisant, un éloge de la déliaison, nécessaire pour relier autrement et à un autre niveau). Viendra ensuite ta formule : « nommer les choses les fixe », où je montre qu’une « bonne » interprétation peut transformer et fixer. De même ce que tu appelles nos « formations préalables » me parait être une notion qui englobe psychanalyste et patient, alors que ce que nous appelons « induction » ne vise que le risque d’induire chez le patient quelque élément de fixation. Puis ce sera ta remarque sur « la vraie question » que l’analyse – à la fois outil et obstacle – occulte le plus souvent. Alors là, je me promets un travail approfondi. Je vais partir, je pense, de ce que nous disent sans que nous nous en rendions compte les « tranches » d’analyse. Je pense – et je ne suis pas la seule : Gaby par exemple – que la … fixation du psychanalyste sur le complexe d’Oedipe, considéré comme organisateur, le protège contre des explorations qui risquent de le mener loin. A tel point qu’il finit parfois par considérer certaines « questions » au-delà de l’oedipe, ou autres, comme des régressions. C’est d’ailleurs en remontant comme ça jusqu’à une scène vécue par la petite enfant que j’étais, à six ans, que je me suis arrêtée à la question qu’elle posait – et dont précisément je retrouve la trace, cachée, dans mon rêve. Dans le cours du texte, je fais tel ou tel rapprochement avec le rêve. Et de toute manière je me propose dans une introduction d’annoncer mes buts : montrer – ce qui n’est jamais fait pour des tas de raisons – le « retour du réel », vécu par l’analyste, sur son patient, dans la mesure où, entre autres,
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