Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Et moi je continue d’écrire chaque jour. C’est drôle l’évolution des choses depuis cet été où, pendant des semaines, tu t’es fidèlement employé à me sortir des fils embrouillés et grisailles qui m’empêtraient – jusqu’à maintenant où je travaille en profondeur à développer nos échanges de janvier ! Je savais que toutes tes remarques, sans exception, ont touché à des points fondamentaux, mais je n’aurais osé penser que les approfondissements et développements vers lesquels je suis menée me seraient possibles. A chacun d’eux, j’ai l’impression d’y voir échos et réponses qu’il ne tient qu’à moi de susciter, à partir de ce travail sur mon rêve. Mais il se pourrait aussi que celui sur nos dialogues constitue un tout. Je me laisse guider. Et je ne m’étonne plus trop de ce singulier fonctionnement matinal, au petit-déjeuner, qui me dicte mes idées et mes mots… Dis, Ravena, les réajustements d’ouvriers, ça vient de ce que le concreting une fois fait, il y a moins de travail (pourtant j’imagine qu’il en reste beaucoup avant les finitions), ou bien par nécessité de réduire les dépenses ? Je me doute de l’aspect délicat de la chose, surtout quand il y a une équipe aussi homogène… Enfin, en tout cas, le vaisseau est et sera superbe ! Lorsque tu recevras cette lettre tu connaîtras déjà le résultat des élections. Je ne peux m’empêcher d’en être triste, sauf que la nouvelle majorité est bien étroite, et que le Parti Socialiste a dépassé nettement le seuil qu’il espérait – ça je suis contente ! Mais très, très désagréable est le « succès » de Le Pen qui, en plus de ses 33 députés, a gagné aux régionales 9 régions importantes.
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