Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Je comprends tes sentiments à propos des discussions sur le Matrimandir, ou « l’indépendance » d’Auroville. J’ai tendance, moi, à trouver ces questions actuellement secondaires, sinon faussantes ou déplacées, étant donné le stade où en sont encore les Aurovilliens. Ce qui me semble plus important, ce sont justement ces élans que suscite le concreting de Ravena, ou telle ou telle manifestation d’amitié. Quant à celle de Hans, dont tu me parles, je crois qu’il faut lui donner sa juste place ; à la fois l’importance du geste et son inopportunité : non seulement parce que tu ne peux pas être en même temps à Ravena, mais je dirais plus, parce que Ravena passe au premier plan, c’est une réalisation beaucoup plus centrée qu’un voyage. Tu sais combien je crois au bénéfice, un jour, de « vacances », mais je pense que la question, tu pourras l’envisager au mieux seulement lorsque Ravena aura terminé sa naissance… … Autre chose : j’ai remarqué et pris au sérieux le soulagement que j’ai ressenti à l’annonce du départ de D.A. d’Auroville ; vraiment je ne veux plus, sous prétexte d’objectivité, tenir pour nulles ou injustes certaines de mes réactions. A un certain niveau je peux prendre plaisir à communiquer avec D., à l’apprécier « à sa juste valeur » ; mais je sais qu’en aucun cas je ne lui confierai quelque chose d’intime. Je suis « alertée » par quelque chose de profond en ce qui le concerne ; ce qui n’empêche aucunement de penser à sa fragilité et d’expliquer beaucoup de choses à partir de celle- ci. Mais comprendre et vivre avec, ça fait deux… !

… Je travaille en pensant beaucoup à toi,

Colette.

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