Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Je ne saurais dire autrement : cela me donne une sensation d’élargissement et de travail sur moi, non pas dans un sens étroit, égocentrique, mais dans un sens de participation au monde ; nullement… mégalomaniaque bien sûr, mais au contraire centré, placé. Surtout : on continue à travailler ensemble ! Et c’est une autre satisfaction d’avoir fait la preuve que je ne serai ni désoeuvrée, ni décontenancée par l’entrée dans cette nouvelle ère : 2 h de liberté ici, 3 h là, 1 h ½ ailleurs, mais qu’au contraire je pouvais d’emblée les bien saisir. Il est vrai qu’il y avait matière à saisir avec tout ce que tu m’as dit. Merci. Quelques petites choses : parfois me vient le mouvement d’écrire un petit mot à Gloria, histoire de ne pas laisser fuir son geste, la veille de mon départ ; je crois que ce geste traduisait bien la situation : sa difficile liberté qui lui fait choisir le dernier jour (néanmoins je crois que sa tension à l’égard du temps est vraie, elle est manifestement débordée), et en même temps l’affirmation de celle-ci. Alors j’hésite : entre la toute simple amitié en lui adressant quelques lignes, et la crainte de lui compliquer la vie à l’égard de Piero, à qui elle n’a peut-être pas parlé de sa visite. Et puis il faut ajouter à ça qu’avec cet homme il y a assez de heurts et je ne voudrais pas attiser le climat avec une lettre qu’il pourrait mal interpréter – et il doit être doué pour ça ! Donne-moi ton avis. René a réduit à environ 1 h ½ les 8 h de cassettes, et réussi à mettre, à la place du bruit insupportable de la caméra, de la musique, essentiellement Bach. Alors Sincérité, Forecomers, la palmeraie, aux son et rythme de Bach, je dois dire que c’est… émouvant.

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