Lettres à Divakar jusqu'à 2005

c’était assez joyeux… ; la phrase : « mais Colette qu’est-ce que je vais faire, moi, avec tout ça, s’il faut que je garde des relations avec toutes ces jeunes femmes… ! ». Hier soir, j’ai beaucoup pensé à toi : on a vu à la télévision un document, un témoignage, qui dépasse de loin, de très loin tout ce que l’on peut entendre, lire – quelque chose de magnifique, où tous ne peuvent que se sentir concernés, et qui pose les problèmes de la manière la plus bouleversante et la plus concise, la plus vraie, la plus directe : un dialogue entre une mère et sa fille, juives, vivant depuis toujours dans une terrible âpreté, un terrible enfermement. L’impression que tout était là, à travers ce drame juif – l’une restant prisonnière, l’autre voulant en sortir : un moment exemplaire…

Avec toi,

Colette.

***

Samedi 7-12-85

Aimé,

Comme chaque année, cela m’émeut d’écrire : « voici sans doute ma dernière lettre avant mon retour… ! » ; et j’ai bien reçu la tienne du 21 novembre… … J’ai bien lu tout ce que tu me dis : sur ton besoin d’espace par rapport à Aruna, qui fera « de son mieux », c’est une chose que je pense moi aussi ; sur la mort de ces deux hommes… ! Quant à ton nouveau « contact » avec Auroville, je crois que je le perçois d’autant mieux que moi-même, comme je te l’ai dit récemment, j’ai évolué dans ma façon de situer, et

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