Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Jeudi 28

Je rentre de la rue du Bac où j’ai acheté la montre pour Auralice. Et puis, hier, je l’ai eue, ma lettre ! J’aime beaucoup ce que tu m’écris. Beaucoup, le rapport que tu établis entre résistances et ouvertures … je vois très bien ça ! Et puis cette « expérience d’une impasse », oui ! Simplement, je redis ce que je t’écris plus haut : au creux de l’impasse n’hésite pas à m’utiliser, alors même que, justement, la difficulté souvent est de mettre là des mots ; mais parfois, essayer de les poser, ces mots, pour les adresser à un autre que soi, mais proche de soi, un autre qui sait être « avec », au-dedans mais aussi tout près à l’extérieur – ce peut être assez allégeant pour permettre de mettre en mouvement, et de déplacer un pion, c’est-à-dire de défiger, de dé fixer une zone, si petite soit-elle, mais qui hypothèque l’ensemble… Là où son propre regard ne peut aisément aller, le regard de l’autre peut voir. … Je veux aussi te dire que je suis contente de te savoir bien avec Dianika et Janaka, avec les ouvriers, et avec Samuel – que je suis curieuse et impatiente de revoir ; je trouve bon aussi que tu réajustes les routines relationnelles, cela me semble utile… ! Gérard : par une petite lettre qu’il m’a écrite récemment, je savais qu’il a comme on dit « une autre femme dans sa vie » ! Et hier, coup de téléphone… éploré, plaintif, définitif de Suzanne qui venait de recevoir une lettre de Martine lui annonçant la rupture avec Gérard ; bref, pas facile de répondre et de l’apaiser… jusqu’au moment où j’ai éclaté de rire à cause d’une phrase extraordinaire, inattendue, qu’elle venait de prononcer – du coup elle s’est mise à rire aussi et

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