Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mercredi 2-10-85

Aimé,

Je t’ai dédié, le jour où je me le suis composé, et aujourd’hui même, le bouquet qui est là sous mes yeux tandis que je t’écris : deux grandes branches de lys couleur abricot qui s’ouvrent encore, deux grandes branches de petits chrysanthèmes blancs et une grande tubéreuse qui embaume. … Tu me dis « alors, il semble que mes quelques réflexions trouvent en toi leur résonance… »… Je te renvoie donc à ce que je t’ai exprimé à ce sujet dans ma précédente lettre. Ce que tu m’apportes c’est beaucoup plus que « quelques réflexions », et leur résonance est depuis le début très profonde. Simplement il m’est arrivé – et il m’arrivera encore – de tout te dire : mes progrès ou mes difficultés, mes avancées comme mes piétinements. Résonance directe mais aussi par ricochets. Par exemple, je t’ai dit que ce repos de quelques jours au 14 m’a permis de me situer face à l’oisiveté de René, mais il m’a également permis de découvrir ( !) ce que je peux faire d’un temps bien à moi qui ne soit pas lié à l’idée des vacances ; hors vacances, hors routine. Et j’ai lu ; et j’ai lu de grands romans ; et j’ai compris que lire des romans ce n’était pas une perte de temps… qu’est-ce que je trimbalais ! mais un enrichissement, lorsque ces romans sont bons. Et j’ai versé dans ce grand compte personnel ouvert par tout ce que tu m’as dit ce bénéfice tiré de mon rapport à ces lectures. Ça se modifie en moi, sans que je puisse encore mettre des mots précis là-dessus.

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