Lettres à Divakar jusqu'à 2005

D’autre part, je ne peux écrire que sur ma double expérience : le métier que j’ai fait, et Auroville. Mais comment ?

Or, un matin, au réveil, un titre m’a littéralement assaillie, je ne sais s’il est bon, mais il me sert de clé et de tremplin : « Far Beach » ; de plus, dans la nuit même, à la faveur d’une insomnie due à un imprudent Irish Coffee, le début d’un « roman » s’est écrit ; l’après-midi j’ai été poussée à quasiment le recopier presque mot pour mot. Je sais en tout cas que si je change de titre, je ne changerai certainement pas cette première page qui ouvre, en peu de phrases, quantité de perspectives. Quant à mon travail actuel, tu vas lire à ce propos, en vrac, tout et le contraire : mais te le communiquer de cette façon est à coup sûr une libération pour moi ! Je suis convaincue, absolument, qu’il me faut arrêter bientôt, et d’ailleurs si cette profession le permettait, tout psychanalyste sait qu’il serait très sain de faire quelque année sabbatique à tel ou tel moment. Quelque chose se détache de moi, non par abandon, mais par nécessité ; et puis il y a en moi cette sorte de « déterminisme » qui, toute ma vie, m’a somme toute obligée à … évoluer ! Mais en même temps j’en ai du regret. Je suis convaincue, absolument, qu’il me fallait quitter Green et me libérer mais, en même temps, c’est un manque. Je suis convaincue, absolument, qu’il me fallait être en accord avec moi-même en restant en marge de l’Institution, mais en même temps je le ressens comme une insuffisance : je n’ai pas assez travaillé la théorie. C’est pourquoi je voudrais réussir cette étude sur mon rêve. Je suis convaincue que lorsque Janine Chasseguet (mon analyste) me dit que, justement, quelqu’un qui pense ce que je pense est nécessaire à l’institution, elle se trompe mais, en même temps, je pense qu’elle n’a pas tort. Etc. etc.

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